mardi 13 mai 2014

Journées nationales de l'archéologie (6, 7, 8 juin)

A découvrir dans la Drôme:
- le jeu de paume de Suze-la-Rousse, avec plusieurs conférences sur ce thème (dont Michèle Bois à 16h30)
- les dernières découvertes à Lautagne à Valence le samedi 7 juin (Antiquité, Moyen Âge)
- les nouvelles découvertes à Gournier, à Montélimar le samedi 7 juin (néolithique)
- le musée archéologique et le site d'oppidum du Pègue
- le musée de Pierrelatte avec une exposition de céramologie

En Ardèche, des manifestations à Tournon, Guilherand-Granges, SoyonsAlba-la-Romaine, Barnas, Les Vans, Orgnac.

lundi 5 mai 2014

Saison 2014 du musée d'Alba

La plaquette de la saison 2014 est en ligne.

L'exposition L'Alliage fait la force, 12 avril/30 nov 2014 est accompagnée d'un cycle de conférences, dont voici les quatre premières (reprise le 26 sept):

16 mai, 18h         Les Gaulois, le gaulois et le métal, par Jean-Marie Pailler

7 juin, 18h           Les origines et le développement de la métallurgie du fer en Afrique, par Caroline Robion-Brunner

20 juin, 18h         Les montagnes métallifères de Gaule méditerranéenne, par Julien Mantenant

4 juillet, 18h        Découvertes inédites à Alba-la-Romaine, par Yahya Zaaraoui

mardi 1 avril 2014

Résumé des contributions (work in progress)

DOSSIER: LA DRÔME DANS LA GRANDE GUERRE

Alain Sauger, "L'été 1914 dans la Drôme", p. 3-18

L'historien qui veut saisir la façon dont les Drômois sont entrés en guerre ne peut pas mobiliser tous les types de sources dont avait disposé Jean-Jacques Becker dans sa célèbre étude (1914: Comment les Français sont entrés dans la guerre, Paris, PFNSP, 1977). Notamment, les lettres ou carnets de poilus sont peu loquaces sur l'entrée en guerre et il n'y a pas de rapports de police disponibles. Pour la Drôme, on ne peut se fonder que sur la presse et sur les réponses à l'enquête du recteur Petit-Dutaillis, concernant seulement une vingtaine de communes rurales.
Les élections d'avril-mai 1914 ont été dominées par le thème majeur de la loi des trois ans et de l'instauration de l'impôt sur le revenu. Les cinq députés élus ou réélus sont hostiles à la loi des trois ans. Intéressée surtout par le procès de Mme Caillaux, la presse ne s'inquiète qu'avec l'ultimatum de l'Autrice à la Serbie le 23 juillet, d'abord pour tancer le pacifisme des socialistes et de la CGT, qui convoquent une grande réunion publique à Romans le 29 juillet. La gravité de la crise paraît être davantage perçue par la population des bourgs qui lit la presse alors que les communes rurales sont en pleins travaux agricoles. 
Le 1er août, lorsque résonnent le le tocsin et le tambour du garde champêtre, la réaction dominante est de "faire son devoir". L'unanimité est rapidement acquise face à la conviction d'être agressés, que le gouvernement français veut la paix (comme l'affirmait Jaurès et le réaffirme Jules Nadi). Cette conviction entraîne celle d'une lutte inévitable entre les deux nations, qui fait ressurgir l'idée de la Revanche puis aboutit au thème de la lutte de la civilisation contre la barbarie. L'enracinement des valeurs républicaines favorise cette conception (inversement, quelques curés voient la guerre comme une punition).
L'alliance russe est censée favoriser une victoire rapide. Mais la société doit immédiatement s'adapter, à la désorganisation des municipalités et des familles (privées de ressources par le départ du père), à l'état de siège le 2 août, puis à l'arrivée de réfugiés et de blessés, aux premières annonces de morts. L'"espionite" traduit une certaine angoisse. Les journaux se font, pour l'historien, l'écho des doutes qu'ils essaient de combattre.


David Vinson, « Le 14 juillet 1914 dans la Drôme : veillée d'armes ou insouciances festives ? », p. 19-25.
 
Au début des années 1910, le 14 juillet est devenu pour de nombreux Drômois et Français une fête patriotique, militaire et consensuelle, réglée par arrêtés municipaux, davantage qu'une célébration du triomphe de la République. Loin d'être marqué par le contexte international, la fête du 14 juillet 1914 est qualifiée par Jaurès comme « de tout point semblable aux précédentes, c'est-à-dire banale, banale ». Son déroulement comprend une retraite aus flambeaux dans la soirée du 13, une revue des troupes le lendemain (lorsqu'il existe une garnison), des actions caritatives, puis des bals populaires et feux d'artifice (dans les villes). Les associations musicales et sportives locales sont mises à contribution et les habitants sont incités à pavoiser les immeubles. Les oppositions politiques latentes s'expriment par l'organisation de banquets républicains dans les municipalités radicales ou socialistes et inversement par l'acrimonie des journaux conservateurs comme L'Impartial de Romans ou Le Messager de Valence. De 1915 à 1918, le ministère de l'Intérieur impose au 14 juillet « un caractère exclusivement patriotique et commémoratif ». La fête est centrée sur la mémoire et la commémoration des morts, trait qui ne disparaît pas en 1919 en dépit de l'apothéose de l'armée et de la nation.


RECHERCHES
Christian Rey, "La fin des toits en chaume dans les montagnes dioises : deux siècles d'évolution", p. 63-72.

Sous l'Ancien Régime, l'usage du chaume pour la couverture des toitures des bâtiments étant extrêmement répandu dans les montagnes du Dauphiné, le moindre incendie se propageait très rapidement aux habitations voisines. L'article, fondé sur un dépouillement des sources communales et administratives, ainsi que sur la presse du XIXe siècle, démontre le caractère répétitif des incendies généralisés à un village ou un hameau : il recense quatre incendies à Vassieux, trois à Grimone et de nombreux incendies dans les hameaux de Lus-La-Croix-Haute et de Boulc-en-Diois.
Il examine parallèlement les réactions des autorités : sous l'Ancien Régime, ce sont les autorités municipales qui s'efforcent de prévenir les incendies liés aux fours à pain, au battage du blé ou aux cheminées défectueuses, l'Intendance du Dauphiné se contentant d'accorder des dégrèvements de taille, non sans suspicion au XVIIIe siècle. Certains habitants financent l'achat de tuiles, mais leur coût est un frein. Il semble que la mise en place de l'administration préfectorale et des Conseils généraux permette une évolution décisive, dans les années 1830 et 1840. Un système de primes voté en 1835 et le développement des tuileries permet alors à la couverture de tuile de devenir la norme. Dans le haut Diois, des incendies dramatiques continuent néanmoins à frapper les écarts.

N°551, mars 2014 La Drôme dans la Grande Guerre

N° 551 - Mars 2014 - "La Drôme dans la Grande Guerre" (sous la direction d'Annie Friche et David Vinson)

*Dossier
David Vinson : Avant-propos
Alain Sauger : L'été 1914 dans la Drôme
David Vinson : Le 14 juillet 1914 dans la Drôme : veillée d'armes ou insouciances festives?
Françoise Kern : Sur les traces de Mlle Pasqualini...
Philippe Bouchardeau : Chronique d'un tubercule en guerre, la pomme de terre de la victoire
Jacques-François Lanier : La bibliothèque du Capitaine Marius Ezingeard
* Recherches
Christian Rey : La fin des toits de chaume dans les montagnes dioises, deux siècles d'évolution
Alain Tillier : Etudes du bâti et Restauration
Henri Desaye et Yves Girard : Une inscription romaine inédite de Rousset-les-Vignes
Benoît Charenton : Chronique des Archives départementales de la Drôme (2011-2013)
* Actualités
Lectures
Soutenance de thèse de Yannick Veyrenche
Sorties par Michel Barraquand et Gérard Repellin
Conférences

mardi 4 mars 2014

Programme des sorties

 Jeudi 10 avril : Vaison-La-Romaine, cité romaine, cité épiscopale 
La redécouverte de la cité romaine de Vaison, engagée au début du XXe siècle par l'abbé Sautel, est loin d'être achevée. De nouvelles fouilles ont mis à jour des vestiges attribués au forum et à l'amphithéâtre. Nous serons accueillis par Jean-Marc Mignon (Service Archéologie du département de Vaucluse), qui a mené une campagne de fouilles programmées sur le forum de Vaison en 2013 et prévoit une nouvelle campagne en 2014. Il nous présentera la quartier de la cathédrale et le vieux Vaison. Nous irons ensuite voir l'église Saint-Quenin. 

Samedi 17 mai, après-midi : Musée de Valence 
Pascale Soleil nous présentera le musée rénové de Valence. Nous nous intéresserons aussi bien à l'histoire du lieu, de l'odéon (?) romain à la conception architecturale du nouveau musée, qu'à ses collections désormais mieux mises en valeur.


Samedi 21 juin : Lus-La-Croix-Haute (sortie pédestre)

Samedi 27 septembre : Habitats perchés au coeur des Baronnies drômoises (sortie pédestre)

Les abonnés ou participants habituels des sorties ont normalement du recevoir un courrier ou un courriel leur permettant de s'inscrire. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez été oublié.

mardi 28 janvier 2014

L'avenir du prieuré de Rompon

Le prieuré Saint-Pierre de Rompon, fondé en 977, fut une des implantations clunisiennes les plus importantes de la vallée du Rhône. En 2003, une fouille préventive (Emmanuel Ferber, INRAP) a prouvé qu'une enceinte polygonale construite dans l'Antiquité tardive défendait le petit plateau calcaire sur lequel subsistent les vestiges du prieuré roman*.
Le donateur des deux églises de Rompon à Cluny est un membre de la puissante famille des Silvion (ou Clérieux), bien connue pour ses interventions dans l'histoire de Saint-Barnard. Les clunisiens de Rompon ont disposé d'un réseau d'églises dans la vallée de l'Ouvèze, mais une partie de leurs ressources provenait de la rive gauche du Rhône. Le site offre un magnifique point de vue sur le confluent de la Drôme et du Rhône et le regard distingue aisément, entre les massifs de Saou et du Vercors, la tour de Crest. C'est dire que sa préservation intéresse autant les Drômois que les Ardéchois !

Source: Wikimedias commons
Mal entretenu dès l'époque moderne, le site du prieuré Saint-Pierre de Rompon, dit « couvent des chèvres » (aujourd'hui ce sont des moutons qui occupent le bâtiment voisin), a connu une dégradation accélérée dans les années 1990 (écroulement de l'abside voûtée en cul de four en 1997), mais de puissants murs gouttereaux subsistent au sud. L'association du patrimoine du Pouzin s'efforce d'alerter les élus depuis une trentaine d'années. Le site est aujourd'hui propriété de Lafarge Granulats, qui exploite la carrière située en contrebas (autrefois carrière Pélissier). L'entreprise, dont le berceau est ardéchois, souhaite concilier son activité avec la protection rigoureuse d'un édifice majeur méconnu.

L'association Avenir du prieuré clunisien Saint-Pierre de Rompon, présentée au Pouzin le 24 janvier 2014, reçoit donc le soutien des municipalités du Pouzin et de Rompon, de Lafarge Granulats, de plusieurs universitaires et membres de sociétés savantes et de la Fédération des Sites Clunisiens (dont la rosace signalétique a été apposée sur le site le 21 juin 2013). Son bureau doit être constitué dans les semaines à venir, pour permettre la signature de la convention multipartite nécessaire au financement des actions de protection.

L'association se donne aussi pour mission de favoriser l'accès de tous aux avancées de la recherche (outre les sondages de l'INRAP, plusieurs mémoires universitaires ont été produits) dans un cadre convivial. D'ores et déjà, un pique-nique annuel sera organisé pour la Saint Pierre, le 29 juin.

* Voir la fiche sur le site de l'INRAP: http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Sites-archeologiques/p-741-Le-Couvent-des-chevres.htm. Voir aussi Olivier Darnaud, Emmanuel Ferber, Pierre Rigaud, « Le Couvent des Chèvres au Pouzin (Ardèche):découverte d’un site fortifié de hauteur tardo-antique », Archéologie du Midi Médiéval, t. 26, 2008, p. 45-57. Consultable en ligne https://www.academia.edu/5543398/Decouverte_dun_site_fortifie_de_hauteur_tardo-antique_AMM_2008